MUSEE SOULAGES & RODEZ

MUSEE SOULAGES & RODEZ

Un défi d’artiste ? ou peut-être de passionné ? Pierre Soulages a inauguré en mai 2014 son propre musée dans la ville où il a grandi : Rodez en Aveyron. Tout part d’un don de Pierre Soulages et de sa femme Colette, plus de 250 oeuvres offertes à l’agglomération du Grand Rodez…et pour accueillir ses oeuvres, il fallait bien un lieu, alors le Musée Soulages est né, comme une évidence. Célèbre dans le monde entier pour ces « Outrenoirs », des tableaux monopigmentaires qu’il réalise à partir de plusieurs couches de peintures noires, raclées, brossées ou striées de façon à faire surgir la lumière, Pierre Soulages fêtera ses 100 ans cette année, « le Siècle Soulages » prend ici tout son sens.

Le Musée Soulage m’intrigue depuis plusieurs années mais je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller. Je me décide et prends la route du sud direction Rodez, une ville que je ne connaissais pas du tout et qui a une réputation plutôt sombre et froide. Je découvre Rodez la lumineuse, la luxuriante…elle me raconte d’entrée son histoire avec sa cathédrale envoûtante et ses ruelles médiévales bordées d’édifices de grès rose. Les ruthénois sont chaleureux, les jeunes déboulent en skate, les familles se promènent, Rodez vibre au rythme de ses habitants.

Le Musée Soulages se situe en plein centre-ville, construit sur un ancien foirail de plus de 3 hectares, véritable belvédère sur les monts de l’Aubrac et la ville basse. Ce musée qui a véritablement une portée contextuelle et culturelle comprend une salle d’exposition permanente, monographique, des oeuvres de Pierres Soulages et une salle d’exposition temporaire permettant de découvrir d’autres artistes. Miguel Chevalier y présente actuellement une installation de réalité virtuelle générative et interactive : l’immersion du vivant. L’installation bouge en fonction de mes mouvements, se brouille, change de couleur, je deviens le chef-d’orchestre de l’oeuvre…des enfants me rejoignent, on aurait presque pu faire un flash-mob !

Au fil des tableaux je discute avec les gens, je rencontre 4 bretons aux sourires malicieux, cheveux argentés et…bras dessus, bras dessous, ils m’expliquent qu’ils sont venus spécialement pour fêter le Siècle Soulages : ils trouvent le musée beau, moderne, accessible en fait. Pas d’arrogance dans ces lieux, ils évoluent en autonomie, se prennent en photo devant les tableaux, rient, regardent, s’étonnent : une vraie bande de potes.

Mais le Musée Soulages ne s’arrête pas là, car à l’intérieur se trouve l’incontournable Café Bras. Une ambiance minimaliste, une lumière discrète, un décor d’acier brossé. Cette table signée Michel Bras, est désormais orchestrée par le chef cuisinier Christophe Chaillou. Il nous offre une expérience unique : des saveurs aveyronnaises, une carte clin d’oeil de l’artiste-cuisinier…fouaces, pascades, gaspachos…gourmandises sucrées…la meringue aux myrtilles…mirage de parfums enivrants, après la découverte des oeuvres monochromes de Pierre Soulages, je savoure celles de Christophe, aux couleurs du sud…pleines, gorgées de soleil. Rencontre avec cet homme énigmatique, amoureux de son art culinaire, des produits, du terroir. Cuisiner c’est créer, et créer c’est se souvenir, merci Mr Chaillou.