CONQUES OU LE JOYAU DE L’ART ROMAN SUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE

CONQUES OU LE JOYAU DE L’ART ROMAN SUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE

L’histoire de Conques n’est qu’encoches chutes et renouveaux…presque une légende. Vers la fin du VIII ème siècle, l’ermite Dadon choisit cette contrée sauvage pour se retirer du monde. Autrefois asile des bêtes fauves et des oiseaux mélodieux, Conques était resté inconnu à l’homme. Plus tard naquit un monastère de bénédictins dans cet âpre désert. Autour du monastère s’est progressivement développé une cité qui se dote de remparts. Avec ses portes et ses fontaines romanes, ses maisons à pans de bois, Conques est classé aujourd’hui parmi les plus beaux villages de France : une exploration sensorielle sous le soleil du sud grâce au road trip #onattendquetoi organisé par le Comité Régional du Tourisme Occitanie.

L’abbaye et son abbatiale voient le jour en 1041, une étape de choix sur la route mythique vers Compostelle. Vous savez pourquoi ? Les pèlerins pouvaient se recueillir sur les reliques célèbres de Foy, une sainte, martyre pour avoir défendu sa foi contre les Romains. Le moine Ariviscus parvient à voler ses reliques et les ramener à Conques, car à l’époque une abbaye se devait d’avoir des trésors. Le culte de la Sainte se répand alors à travers la chrétienté occidentale et les donations se multiplient. La statue reliquaire de Sainte Foy devient légende, dorée et recouverte de pierres précieuses. Le trésor de Conques est l’un des cinq grands trésors européens d’orfèvrerie médiévale : un rayonnement spirituel et artistique unique en France.

Devant l’abbatiale de Conques, on est happé par le fameux Tympan de la façade principale : un joyau de l’art roman de 7m sur 4m. Au milieu le Christ, à droite le Paradis, à gauche l’Enfer, des inscriptions en latin, des sculptures de calcaires jaunes peintes. Cette représentation du jugement dernier oppose deux mondes : le Paradis, ordonné, calme, où règnent le repos et la paix et l’Enfer, un monde chaotique où tout est renversé, où la souffrance est perpétuelle. L’Eglise voulait montrer à tous l’enjeu que représentait le salut de son âme. Puis sonne l’orgue, nous invitant à entrer…une fois franchi le narthex couvert d’une voûte basse, je perçois l’élancement audacieux de l’édifice. Une architecture simple, plein cintre pour les arcs, des verticales pour les supports, sans aucun ornement, juste les vitraux de Pierre Soulages, peintre contemporain de notoriété internationale. Créer le verre, moduler la lumière mais pas le regard. Habituée aux vitraux gothiques violets, verts ou rouges, je suis étonnée de ce blanc incolore : pas de polychromie, seule la volonté de faire entrer la lumière naturelle a guidé les travaux de Pierre Soulages.

Si aujourd’hui les visiteurs du monde entier se pressent à Conques, c’est pour découvrir dans un même élan l’architecture de l’édifice, son trésor, ses vitraux, au service de cette lumière vivante, en accord avec l’émotion qu’on y éprouve. Au coeur d’un paysage préservé et luxuriant, portée par une histoire millénaire…au détour d’un chemin et d’une rose, un village hors du temps, qui me fait presque penser à l’une des planètes du Petit Prince…Conques a su m’apprivoiser ! #tourismeoccitanie #occitaniesuddefrance